Yukito Kishiro : GUNNM

Publié le par Alex

J'ai décidé de consacrer toute cette semaine le blog à mon mangaka préféré : Yukito Kishiro.
Je commence aujourd'hui par l'oeuvre qui le fit sortir de l'ombre aussi bien au Japon qu'à l'étranger : GUNNM.



  • Résumé :

Zalem, la mystérieuse cité volante, surplombe une ville en ruines peuplée de cyborgs et de parias qui survivent grâce aux déchets déversés par la gigantesque ville. Au milieu de Kuzutetsu, la décharge, Ido, un docteur en cybernétique, découvre les restes d'une jeune fille. Il la prénomme Gally, lui offre un nouveau corps mécanique et la traite comme sa propre fille. Mais l'idylle est de courte durée car Ido a une autre activité bien moins noble que celle de médecin, et Gally possède d'étranges capacités issues des réminiscences d'un passé lointain.

En affrontant de nombreux adversaires et en se lançant dans une aventure épique, Gally combat avant tout pour son humanité.


  • Présentation :

Gunnm est la série qui fit sortir Yukito Kishiro de l'ombre, trouvant son public au Japon et rencontrant un réel succès a l'étranger. Gunnm, de l'aveu même de l'auteur, s'articule autour de deux axes principaux. Le premier est la survie dans un monde d'une extrême noirceur, oppressant, violent, pervers et démentiel ce qui le rapproche des visions futuristes du mouvement cyberpunk. Le second est une humanité glorieuse qui passe par l'espoir et la recherche du bonheur.

Gunnm est une œuvre atypique au Japon, pays ou le marché intérieur en matière de bande dessinée est énorme, car c'est à l'étranger que la série rencontre le plus de succès. On attribue cette bizarrerie au fait que Gunnm est l'un des rares mangas à ne contenir presque aucune référence typiquement japonaise, l'auteur cultivant même un certain cosmopolitisme dans les références (allemandes, indiennes, africaines) ; à la relative impopularité des univers cyberpunk au Japon ; et principalement au fait que Gunnm, ne respecte pas les principaux codes du shōnen (et correspondrait donc plus aux seinen) : en effet le héros n'est pas un jeune garçon auquel devrait s'identifier le lecteur, les personnages sont complexes et il n'y a pas de victoire éclatante. La série aborde pourtant les principaux thèmes du shōnen sans pour autant se conformer à un de ses genres (sport, combat, drague, mecha, etc.), ce qui a déconcerté le lecteur japonais très attaché à ces codes.

On découvre très vite la noirceur de ce manga. Les habitants de la décharge représentent les extrêmes de l'humanité. La majorité de ces personnes s'est "cybernétisée" pour devenir plus résistante. Les vols d'organes sont monnaie courante, ainsi que les pillages, les massacres et autres meurtres ultra-violents. La philosophie du "chacun pour soi" est reine, la probabilité de se faire rouler étant très importante. Mais cette noirceur est aussi visible dans le comportement des habitants de Zalem, la cité suspendue. Premièrement, la terre et leurs habitants sont leur décharge. Ils ne se soucient aucunement des "gens d'en bas". Zalem puise ses ressources sur Terre et rejette ses déchets sur les habitants.

L'espoir est tout de même présent dans ce monde. C'est lorsqu'on est dans les bas fonds qu'on peut apprécier la lumière. Des personnes comme Gally ont soif de vie et arrivent à transmettre tout autour d'eux gentillesse et respect. L'amour, le rêve, la beauté sont aussi présents dans cette histoire.

Il y a un équilibre très précaire entre la vie et la mort, la joie et le malheur. On peut retrouver cet équilibre dans la personnalité de Gally : tantôt douce, tantôt agressive.

La série Gunnm connaît une suite, proposant une fin alternative : Gunnm Last Order.

Gunnm est souvent cité au côté d'Akira comme référence en matière de manga par les lecteurs.

 

  • Les publications :

 

Prépublié par la Shueisha dans le bimensuel « Business Jump » entre 1990 et 1995, la série fut publiée au Japon en 9 volumes reliés format poche. L'édition française fut l'une des premières distribuées par Glénat. Il existe trois versions françaises publiées aux éditions Glénat :

  • la première édition format poche en 9 volumes (1995). L'adaptation ayant été faite à partir de la version américaine, elle souffre de quelques erreurs et incohérences dues à la double traduction.
  • une édition grand format, plus proche de la version japonaise en 6 volumes, agrémentée de divers bonus et histoires courtes, mais expurgée de la fin du tome 9 à la demande de l'auteur, en vue d'une meilleure continuité avec Gunnm Last Order (2000). L'adaptation a été refaite à partir des planches et des textes japonais, mais par souci de cohérence certaines erreurs de la première adaptation ont été conservées.
  • la deuxième édition format poche en 9 volumes, pourvue d'une jaquette (2001). L'adaptation est identique à l'édition grand format et a donc une fin différente de la première édition.

Glénat a aussi utilisé Gunnm à l'occasion d'une opération test en 1998 dans les points presse d'Île-de-France sous la forme de petits livrets format poche correspondant à deux chapitres d'un tome (soit 4 livrets par tome). Cette opération fut un échec; les livrets étant de mauvaise qualité et relativement chers.

 

 

Anecdote : Le réalisateur James Cameron détient depuis quelques années les droits de Gunnm en vue d'une adaptation cinématographique. Sa réalisation devait selon la rumeur être prévue pour 2007, en réalité c'est le projet 880 « Avatar » qui devrait être réalisé pour cette date. Battle angel le projet d'adaptation de Gunnm en trois dimension étant repoussé pour 2011.

 

 

Publié dans Manga

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C
Je ne connaisssais pas Yukito Kishiro.

マンガにまで詳しかったのね。@@
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A

J'ai commencé à vraiment apprécier les mangas en découvrant Gunnm de Yukito Kishiro lorsque le premier volume est sorti en France en 1995. Depuis, j'achète toutes ses œuvres.